David Amsellem, Expert-Comptable

Rédigé par , Expert-Comptable Diplômé & Commissaire aux Comptes
Mis à jour : juin 2026
📈 Création · Transformation · SARL/SAS

Passer de l’auto-entrepreneur à une société (SARL, SAS) : le guide complet 2026

Votre activité se développe et les seuils de la micro approchent — ou vous souhaitez protéger votre patrimoine et optimiser votre fiscalité. Cette transformation implique des étapes précises et des choix stratégiques. Voici tout ce qu’il faut savoir.

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📚 Contenu de la fiche

Quand envisager de passer en société ?

Plusieurs signaux indiquent qu’il est temps de franchir le cap. Le premier est le dépassement des seuils de la micro-entreprise : 188 700 € pour les activités commerciales, 77 700 € pour les prestations de services en 2026. Lorsque le chiffre d’affaires dépasse ces seuils pendant deux années consécutives, la sortie du micro est obligatoire.

D’autres raisons peuvent motiver ce choix : la nécessité de protéger son patrimoine personnel (l’auto-entrepreneur répond sur ses biens propres en cas de dettes), la volonté d’intégrer des associés, l’optimisation fiscale lorsque le bénéfice devient élevé (IS + flat tax dividendes à 31,4 % depuis 2026), ou encore la crédibilité commerciale qu’offre une structure sociétaire.

📌 Franchise TVA 2026 : en tant qu’auto-entrepreneur, vous êtes exonéré de TVA sous les seuils de franchise : 85 000 € pour les ventes, 37 500 € pour les prestations de services (seuil applicable depuis le 1er juin 2025). Au-delà, la TVA devient obligatoire — c’est souvent un déclencheur supplémentaire du passage en société.

SASU, EURL, SAS ou SARL : quelle forme choisir ?

Le choix dépend de plusieurs critères : êtes-vous seul ou avec des associés ? Quel régime social souhaitez-vous pour le dirigeant ?

Forme Régime social dirigeant Fiscalité société Idéal pour
SASU Assimilé-salarié (protection max) IS (15 % ≤ 42 500 €, 25 % au-delà) Activité solo, dividendes planifiés
EURL à l’IS TNS (~45 % cotisations) IS (taux réduit possible) Moindres cotisations, bons revenus
SAS Assimilé-salarié IS Multi-associés, entrée investisseurs
SARL TNS (gérant majoritaire) IS ou IR (option 5 ans) Multi-associés, cadre codié

Votre expert-comptable à Paris peut simuler les deux options (TNS vs assimilé-salarié) et calculer l’impact réel de la flat tax dividendes (31,4 % en 2026) sur votre situation nette.

Les étapes du passage en société

  1. Choisir la forme juridique adaptée à votre situation (SASU, EURL, SAS, SARL).
  2. Rédiger les statuts : acte fondateur de la société. Les statuts définissent forme, dénomination, siège, objet, capital, durée et gouvernance. Un apport en nature (matériel, clientèle) peut nécessiter un commissaire aux apports si la valeur dépasse 30 000 € ou 50 % du capital.
  3. Déposer le capital social sur un compte bancaire bloqué chez une banque ou un notaire.
  4. Publier une annonce légale dans un Journal d’Annonces Légales (JAL) habilité dans le département du siège social (120 à 200 €).
  5. Déposer le dossier d’immatriculation sur le guichet unique des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr). Le Kbis est délivré sous 3 à 7 jours.
  6. Fermer la micro-entreprise : déclaration de cessation d’activité sur autoentrepreneur.urssaf.fr dans les 30 jours suivant l’arrêt d’activité.
  7. Transférer les actifs si nécessaire : stocks, contrats clients, droits de propriété intellectuelle — à formaliser par écrit.

La fermeture de la micro-entreprise : ce qu’il ne faut pas oublier

La cessation doit être déclarée dans les 30 jours suivant la date de cessation réelle via le portail URSSAF. Il faudra effectuer une déclaration de chiffre d’affaires finale et s’assurer que toutes les cotisations sociales sont réglées.

Attention également aux droits à l’ARE (chômage) : si vous n’avez pas utilisé vos droits, vous pouvez potentiellement en bénéficier lors de la création de la société, sous certaines conditions. Consultez notre fiche sur le cumul chômage et ARE lors de la création d’entreprise.

N’oubliez pas non plus l’ACRE (Aide à la Création et Reprise d’Entreprise) : cette exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année est cumulable avec l’ARE. Elle se demande directement auprès de l’URSSAF lors de l’immatriculation.

Les implications comptables et fiscales du passage

La société nouvellement créée est soumise à des obligations nouvelles : tenue d’une comptabilité complète (avec bilan, compte de résultat et annexes), dépôt des comptes annuels au greffe, déclarations fiscales (IS, TVA, liasse fiscale) auprès des impôts.

Si vous souhaitez déduire vos charges réelles dès le premier exercice, la saisie comptable doit être mise en place dès le premier jour d’activité.

Suppression des CGA/AGA/OGA depuis le 16 février 2025 : les Centres et Associations de Gestion Agréés n’ont plus d’existence légale. La majoration de 25 % qui s’appliquait en leur absence est définitivement supprimée. Aucune adhésion n’est nécessaire ni possible — votre expert-comptable reste votre seul interlocuteur de confiance.

Notre cabinet d’expertise comptable sur Paris peut vous assister dès la création pour poser les bonnes bases fiscales et comptables.

Flat tax et dividendes en société : ce qui change en 2026

L’un des intérêts majeurs du passage en société (SASU, SAS, EURL à l’IS, SARL) est la possibilité de distribuer des dividendes. Ceux-ci sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU ou flat tax) de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026 (12,8 % d’IR + 18,6 % de prélèvements sociaux, suite à l’augmentation de la CSG de 1,4 point votée dans la LFSS 2026, contre 30 % auparavant). L’option pour le barème progressif reste possible et peut être avantageuse selon votre tranche d’imposition (TMI à 0 % ou 11 %).

Pour un auto-entrepreneur qui paie aujourd’hui des cotisations sociales sur l’ensemble de son chiffre d’affaires, le passage en société avec une stratégie mixte rémunération + dividendes peut générer une économie significative, selon votre niveau de bénéfice et votre TMI.

Entrepreneur parisien passant de la micro-entreprise à une SASU ou SARL — accompagnement expert-comptable Paris
Passage de la micro-entreprise à la société : un expert-comptable à Paris sécurise chaque étape et optimise votre structure dès le départ.

✅ Points clés à retenir

Passage obligatoire si dépassement des seuils micro 2 années de suite
SASU ou EURL selon votre choix de régime social dirigeant (assimilé-salarié vs TNS)
Apport en nature > 30 000 € ou > 50 % du capital : commissaire aux apports
Immatriculation en ligne sur le guichet unique — Kbis sous 3-7 jours
Radiation de la micro dans les 30 jours suivant la cessation réelle
Droits à l’ARE potentiellement conservés lors de la création + ACRE cumulable
CGA/AGA supprimés depuis février 2025 — aucune adhésion à demander
Dividendes : flat tax 31,4 % en 2026 (PFU) — option barème progressif possible
Comptabilité complète obligatoire dès le 1er jour d’activité

❓ Questions fréquentes

Oui. La clientèle peut être apportée en nature à la société (apport de fonds de commerce). Cela nécessite une évaluation et, si la valeur dépasse 30 000 €, la désignation d’un commissaire aux apports. En dessous, les parties évaluent sous leur responsabilité.

Non, ce n’est pas obligatoire, mais fortement recommandé. Un expert-comptable vous aide à choisir la bonne forme juridique, à rédiger les statuts, à anticiper les conséquences fiscales et sociales du passage, et à optimiser la stratégie rémunération/dividendes dès la création.

Oui, il est possible de maintenir la micro-entreprise le temps que la société soit créée et opérationnelle. En revanche, il faut veiller à ne pas dépasser les seuils micro et à ne pas facturer la société via la micro. Consultez notre fiche sur le cumul micro + SAS.

En SASU, le président est assimilé-salarié : ses cotisations sociales représentent environ 65 % à 80 % de sa rémunération brute, mais il bénéficie d’une protection sociale maximale (chômage partiel, retraite complémentaire). En EURL à l’IS, le gérant est TNS : ses cotisations représentent environ 45 % de la rémunération, mais la protection est moindre (pas de chômage, retraite moins complète). DA Expertise simule les deux options sur votre situation réelle.

Cela dépend de votre TMI et de votre situation personnelle. Le salaire génère des charges sociales élevées mais construit vos droits sociaux. Les dividendes sont soumis à la flat tax de 31,4 % (PFU 2026) sans charges sociales supplémentaires pour les actionnaires non gérants. La stratégie optimale est souvent un mix des deux, calibré par votre expert-comptable en fonction de vos besoins net et de votre situation fiscale personnelle.

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