David Amsellem expert-comptable

— Diplômé Expert-Comptable & Commissaire aux Comptes
Mis à jour : juin 2026
📈 Chômage · ARE · Création entreprise

Cumul chômage (ARE) et création d’entreprise : comment ça marche en 2026 ?

Vous percevez des allocations chômage (ARE) et souhaitez créer votre entreprise ? Maintien partiel mensuel ou ARCE en capital : deux dispositifs pour sécuriser votre lancement. Les règles ont profondément changé depuis avril 2025 — voici ce qui s’applique en 2026.

📋 Conseil gratuit📞 01 79 73 35 73
📈 Maintien 60 %Plafond droits restants
💵 ARCE 60 %Capital (depuis juil. 2023)
⏰ 30 joursDéclarer à France Travail
✅ ACRE demande obligatoireDepuis janvier 2026
⚠️ Réforme du 1er avril 2025 — règles nouvelles pour toute ouverture de droits à compter de cette date : le maintien partiel de l’ARE est désormais plafonné à 60 % du reliquat de droits au moment de la création. Les 40 % restants ne sont plus automatiques : ils nécessitent une justification active auprès de France Travail. Si vos droits ARE ont été ouverts avant le 1er avril 2025, les anciennes règles s’appliquent.

📚 Contenu de la fiche

Option 1 : le maintien partiel de l’ARE

Le maintien partiel de l’ARE permet à France Travail de continuer à verser une allocation réduite chaque mois, calculée selon la formule :

ARE mensuelle maintenue = ARE brute − 70 % des revenus nets de l’activité (bénéfice déclaré ÷ 30 pour les auto-entrepreneurs).

Nouveauté avril 2025 : le plafond des 60 %

Pour toute création d’entreprise intervenant sur des droits ARE ouverts à compter du 1er avril 2025, le cumul est désormais plafonné à 60 % du reliquat de droits existant au moment de la création. Concrètement :

• Les 60 % premiers sont versés normalement, au fil des mois, avec la règle de réduction habituelle (ARE − 70 % des revenus).
• Les 40 % restants ne sont plus garantis : ils nécessitent de justifier auprès de France Travail que vous n’êtes pas en mesure de vous verser de revenus issus de l’activité. France Travail ne se contente plus d’une attestation formelle — des preuves concrètes (factures, devis, état de trésorerie) peuvent être demandées. C’est l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail qui statue sur cette prolongation.

📌 Règles antérieures (droits ouverts avant le 1er avril 2025) : le maintien partiel s’appliquait jusqu’à épuisement complet des droits, sans plafond des 60 %. Si vous êtes dans cette situation, les anciennes règles continuent de s’appliquer.

Cette option reste intéressante si l’activité démarre lentement et génère peu de revenus les premiers mois. Les droits ARE non consommés sont conservés : ils peuvent être repris si la création d’entreprise échoue. En SASU sans rémunération, vous pouvez percevoir l’ARE dans la limite des 60 % (nouveaux droits) ou intégralement (anciens droits), à condition de vous actualiser chaque mois et de déclarer votre activité non salariée.

📌 Cas concret (droits ouverts depuis avril 2025) : reliquat de droits au moment de la création = 600 jours. Plafond 60 % = 360 jours de cumul garantis. Pour les 240 jours restants (40 %), vous devrez justifier auprès de l’IPR de France Travail l’impossibilité de vous verser une rémunération. Pendant les 360 jours garantis, si vous générez 1 000 €/mois de bénéfice avec une ARE de 1 500 €/mois : ARE maintenue = 1 500 € − 700 € = 800 €/mois.

Option 2 : l’ARCE (capital)

L’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) permet de recevoir une partie du reliquat de droits ARE sous forme de capital en deux versements : 50 % à la création, 50 % six mois plus tard.

Taux en vigueur :

• Fin de contrat antérieure au 30 juin 2023 : ARCE = 45 % des droits restants.
• Fin de contrat à compter du 1er juillet 2023 : ARCE = 60 % des droits restants.
• Une déduction de 3 % pour le financement des retraites complémentaires est appliquée sur le montant calculé.

Cette option est avantageuse si vous avez besoin d’un apport en capital immédiat (stocks, matériel, loyer). En contrepartie, vous renoncez aux droits ARE restants : ils sont définitivement perdus. ARCE et maintien mensuel sont mutuellement exclusifs.

⚠️ Nouveauté avril 2025 — second versement ARCE conditionné : pour les créateurs dont les droits ARE sont ouverts à compter du 1er avril 2025, le deuxième versement de l’ARCE est annulé si vous reprenez un CDI à temps plein avant son versement.

À noter : l’ARCE est imposable à l’impôt sur le revenu, au même titre que les allocations ARE classiques. Elle est à déclarer sur votre 2042 l’année de sa perception.

Tableau comparatif : maintien ARE vs ARCE (règles 2026)

Critère Maintien partiel ARE ARCE (capital)
Montant garanti 60 % du reliquat de droits (nouveaux droits depuis avr. 2025) 60 % des droits restants − 3 % retraite (fin contrat ≥ juil. 2023)
Versement Mensuel, réduit selon revenus (ARE − 70 % des revenus) En 2 fois : 50 % à la création, 50 % à 6 mois
Droits restants Conservés si échec de l’activité Définitivement perdus
Idéal si Démarrage progressif, revenus faibles au départ Besoin de capital immédiat (stock, matériel)
Fiscalité Imposable IR (déclaration 2042) Imposable IR (déclaration 2042)
Cumul ACRE Oui, cumulable (demande URSSAF obligatoire depuis jan. 2026) Oui, cumulable
Condition 2e versement Annulé si reprise CDI temps plein (droits à compter d’avr. 2025)
Choix réversible ? Non — décision définitive

Conditions d’éligibilité

Pour bénéficier du maintien ARE ou de l’ARCE : percevoir l’ARE au moment de la création ; créer ou reprendre une entreprise (création ex nihilo, reprise, franchise) ; déclarer votre activité à France Travail dans les 30 jours suivant la création. Les auto-entrepreneurs doivent déclarer mensuellement leurs revenus (de préférence à la déclaration mensuelle plutôt que trimestrielle, pour faciliter le calcul de l’ARE). Votre expert-comptable à Paris peut simuler les deux options avant de choisir.

L’ACRE en 2026 : plus automatique, demande obligatoire

L’ACRE (Aide à la Création et Reprise d’Entreprise) permet une exonération partielle de cotisations sociales pendant la première année d’activité. Attention : depuis le 1er janvier 2026, l’ACRE n’est plus accordée automatiquement. Tous les créateurs doivent effectuer une demande explicite auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant l’immatriculation. Passé ce délai, l’ACRE est refusée sans possibilité de recours. Elle reste cumulable avec le maintien ARE et avec l’ARCE.

Créateur d’entreprise simulant le cumul ARE et ARCE avec son expert-comptable à Paris
Cumul ARE ou ARCE : simulez les deux scénarios avec votre expert-comptable selon votre reliquat de droits et votre besoin en capital de démarrage.

✅ Points clés à retenir

Droits ouverts avant avr. 2025 : maintien ARE possible jusqu’à épuisement complet des droits, sans plafond
Droits ouverts à partir d’avr. 2025 : maintien ARE plafonné à 60 % du reliquat — les 40 % restants nécessitent justification auprès de l’IPR
ARCE = 60 % des droits restants (fin contrat ≥ juil. 2023), versés en 2 fois, déduction 3 %
2e versement ARCE annulé si reprise CDI temps plein (droits à compter d’avr. 2025)
ARE et ARCE : deux options exclusives et définitives — choisir avant la création
Déclaration obligatoire à France Travail dans les 30 jours suivant la création
ARE et ARCE sont toutes deux imposables à l’IR (déclaration 2042)
ACRE : depuis jan. 2026, demande obligatoire à l’URSSAF dans les 60 jours suivant l’immatriculation — plus automatique
SASU sans rémunération : ARE maintenue dans la limite des 60 % garantis (droits à compter d’avr. 2025)

❓ Questions fréquentes

Non. La réforme du 1er avril 2025 ne s’applique qu’aux demandeurs d’emploi dont les droits ARE ont été ouverts à compter de cette date. Si votre rupture de contrat et votre inscription à France Travail sont antérieures au 1er avril 2025, les anciennes règles continuent de s’appliquer : maintien possible jusqu’à épuisement complet des droits, sans plafond des 60 %.

Après épuisement des 60 % garantis, vous pouvez saisir l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail pour demander le bénéfice des 40 % restants. Vous devrez justifier que vous n’êtes pas en mesure de vous verser de revenus issus de l’activité. France Travail peut demander des preuves concrètes : factures impayées, état de trésorerie, devis en attente, situation comptable détaillée. Ce n’est pas automatique — votre expert-comptable peut vous aider à préparer ce dossier.

Non. Le choix entre maintien ARE et ARCE est définitif une fois effectué. Il faut donc simuler les deux options avant de prendre une décision. En général, le maintien ARE est préférable si l’activité risque de mettre du temps à décoller ; l’ARCE si vous avez besoin de capital immédiatement.

Oui. Les allocations chômage ARE sont imposables à l’impôt sur le revenu. Elles sont intégrées dans le revenu global du foyer et déclarées sur la 2042. France Travail transmet automatiquement le montant à l’administration fiscale.

Oui. L’ARCE est imposable à l’impôt sur le revenu au même titre que les allocations ARE classiques. Elle est à déclarer sur la 2042 l’année de sa perception. Son montant est communiqué par France Travail via l’attestation fiscale annuelle.

Oui. L’ARCE et l’ACRE sont deux dispositifs distincts et cumulables. Depuis janvier 2026, l’ACRE n’est plus automatique : vous devez en faire la demande auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant votre immatriculation. Passé ce délai, elle est refusée. Cette combinaison ARCE + ACRE est particulièrement avantageuse pour les créateurs qui ont besoin de liquidités initiales tout en réduisant leurs cotisations au démarrage.

Oui, dans la limite des règles applicables à votre situation. Pour les droits antérieurs au 1er avril 2025 : maintien intégral possible. Pour les droits à compter du 1er avril 2025 : maintien dans la limite des 60 % garantis du reliquat, même sans rémunération. Il faut continuer à s’actualiser chaque mois auprès de France Travail et déclarer l’activité non salariée.

L’ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales (environ 50 %) pendant la première année d’activité. Depuis janvier 2026, elle n’est plus automatique : vous devez en faire la demande auprès de l’URSSAF dans les 60 jours suivant l’immatriculation. Elle s’obtient via le guichet unique (formalites.entreprises.gouv.fr) ou directement auprès de l’URSSAF. Elle reste cumulable avec le maintien ARE et avec l’ARCE. Votre expert-comptable peut vérifier votre éligibilité et accompagner la demande.

🌎 Ressources officielles

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