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Acheter ou louer une voiture via sa société : règles comptables et fiscales

Intégrer un véhicule dans sa société soulève de nombreuses questions : amortissement plafonné, TVA non récupérable sur les véhicules de tourisme, taxes annuelles, avantage en nature… Voici les règles essentielles à jour 2026 pour optimiser votre décision.

📋 Conseil gratuit📞 01 79 73 35 73
✘ TVANon récupérable tourisme
💵 AmortissementPlafonné selon CO₂
⚠ Avantage natureSi usage privé dirigeant
📊 Taxe CO₂Ex-TVS, annuelle
🚗 MalusÀ l’achat selon émissions
⛽ TVA carburantRécup. partielle
David Amsellem expert-comptable Paris

David AmsellemExpert-comptable diplômé · Commissaire aux comptes · Cabinet DA Expertise, Paris 10ème

📚 Contenu de la fiche

Achat d’un véhicule de tourisme par la société

Lorsqu’une société achète un véhicule de tourisme (berline, SUV, monospace), plusieurs règles fiscales spécifiques s’appliquent, indépendamment de l’usage exclusivement professionnel du véhicule.

TVA non récupérable : La TVA sur l’acquisition d’un véhicule conçu pour le transport de personnes n’est jamais déductible, même si le véhicule est utilisé exclusivement à des fins professionnelles (article 206 IV 2° annexe II CGI). Cette exclusion ne s’applique pas aux véhicules utilitaires.

Amortissement plafonné : L’amortissement fiscalement déductible est limité selon les émissions de CO₂ du véhicule. En 2026, les plafonds sont :

Type de véhicule Émissions CO₂ Plafond d’amortissement 2026
Thermique (essence, diesel) > 20 g/km 18 300 €
Électrique / hybride rechargeable ≤ 20 g/km 30 000 €

La fraction d’amortissement excédant ces plafonds est réintégrée fiscalement dans le résultat imposable. Source : BOFIP — BIC : amortissements des véhicules de tourisme.

La location (LLD ou crédit-bail)

La location longue durée (LLD) et le crédit-bail d’un véhicule de tourisme suivent les mêmes règles que l’achat pour la TVA (non récupérable) et la déductibilité des loyers (plafonnée selon les émissions CO₂). La fraction de loyer déductible est calculée en appliquant le ratio : plafond ÷ valeur réelle du véhicule × loyer total.

Le crédit-bail permet en outre de récupérer le véhicule en fin de contrat pour une valeur résiduelle prédéfinie, contrairement à la LLD où le véhicule est restitué. Le choix entre les deux formules dépend de la volonté ou non de conserver le véhicule à terme.

L’avantage en nature véhicule

Si le véhicule de société est utilisé à des fins personnelles par un dirigeant ou un salarié, cela constitue un avantage en nature devant être évalué et soumis à cotisations sociales et IR. L’évaluation peut se faire :

Au réel : coûts réels d’usage privé (carburant, assurance au prorata, entretien…)
Au forfait : 9 % du coût d’achat TTC si carburant à la charge du salarié, ou 12 % si carburant à la charge de la société (pour un véhicule acheté). Pour un véhicule loué, le calcul est basé sur 30 % du coût global annuel de location + carburant si pris en charge.

L’utilisation d’un véhicule électrique bénéficie d’un abattement de 50 % sur l’avantage en nature (plafonné à 1 800 € par an). Pour les véhicules hydrogène ou hybrides rechargeables, l’abattement est également applicable selon les conditions fixées par l’URSSAF. Consultez votre expert-comptable à Paris pour optimiser cette gestion.

Taxes annuelles sur les véhicules de sociétés (ex-TVS)

Depuis le 1er janvier 2023, la Taxe sur les Véhicules de Sociétés (TVS) a été remplacée par deux taxes annuelles distinctes, codifiées aux articles L. 421-1 et suivants du Code des impositions sur les biens et services (CIBS) :

Taxe annuelle sur les émissions de CO₂ : calculée selon le taux d’émissions de CO₂ du véhicule (barème progressif).
Taxe annuelle sur les émissions de polluants atmosphériques : forfait annuel variant selon la motorisation : 20 € (électrique/hydrogène), 70 € (essence/E85), 100 € (hybride non rechargeable), 500 € (diesel).

Ces taxes sont dues par toute société utilisant des véhicules de tourisme (y compris en location ou mis à disposition), dès lors que ces véhicules sont immatriculés en France ou utilisés sur le territoire français plus de 30 jours par an. Elles sont déclarées et payées annuellement via le formulaire n° 2855-SD. Référence : impots.gouv.fr — Taxe annuelle sur les émissions de CO₂.

Malus écologique à l’achat

Lors de l’acquisition d’un véhicule neuf, la société peut être redevable du malus CO₂ (taxe sur les certificats d’immatriculation selon les émissions) et du malus au poids (applicable aux véhicules de plus de 1 600 kg depuis 2026, sauf exemptions pour les véhicules électriques). Ces montants, qui peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros pour les véhicules thermiques très émetteurs, ne sont pas fiscalement déductibles et viennent renchérir le coût d’acquisition. Référence : Ministère de la Transition écologique — Fiscalité environnementale véhicules.

TVA sur le carburant

La TVA sur le carburant des véhicules de société n’est que partiellement récupérable selon la catégorie du véhicule et le type de carburant :

Type de carburant Véhicule tourisme Véhicule utilitaire
Essence (SP95, SP98, E10…) 80 % récupérable 80 % récupérable
Gazole (diesel) 80 % récupérable 100 % récupérable
GPL / GNV 100 % récupérable 100 % récupérable
Électricité 100 % récupérable 100 % récupérable

Référence : BOFIP — TVA déductible sur les carburants.

✅ Points clés à retenir

TVA achat/location tourisme : NON récupérable, quelle que soit l’utilisation
Amortissement plafonné : 18 300 € (thermique) ou 30 000 € (électrique/hybride)
Loyers LLD déductibles dans la limite du même plafond × ratio
Usage privé = avantage en nature soumis à cotisations et IR
Ex-TVS remplacée depuis 2023 par 2 taxes annuelles (CO₂ + polluants atmosphériques)
Malus écologique à l’achat : non déductible fiscalement
Véhicule électrique : avantage fiscal maximal (plafond haut + abattement 50 % avantage nature)

❓ Questions fréquentes

Non. Les véhicules utilitaires (fourgons, camionnettes) sont traités différemment : la TVA est récupérable à 100 % et l’amortissement n’est pas plafonné selon les émissions CO₂. Ces véhicules ne sont pas non plus soumis aux taxes annuelles (ex-TVS). C’est pourquoi certains dirigeants optent pour des utilitaires pour éviter les restrictions fiscales propres aux véhicules de tourisme.

La réponse dépend de votre trésorerie, de la durée d’utilisation envisagée et des taux pratiqués. L’achat immobilise du capital mais est adapté pour les longues durées de conservation. La LLD préserve la trésorerie mais coûte plus cher sur la durée. Le crédit-bail est un intermédiaire permettant de récupérer le véhicule en fin de contrat. Un expert-comptable peut modéliser les deux scénarios.

Depuis 2023, la TVS a été scindée en deux taxes. La taxe sur les émissions de CO₂ est calculée sur la base du taux d’émissions du véhicule selon un barème progressif. La taxe sur les polluants atmosphériques est un forfait annuel selon la motorisation : 20 € (électrique/hydrogène), 70 € (essence/E85), 100 € (hybride non rechargeable), 500 € (diesel). Elles sont déclarées via le formulaire n° 2855-SD.

Oui, si la société achète un véhicule neuf soumis au malus CO₂ ou au malus au poids, elle en supporte le coût. Ce montant est inclus dans le prix d’achat TTC mais n’est pas fiscalement déductible séparément. Il fait partie du coût d’entrée du véhicule soumis aux plafonds d’amortissement.

Partiellement. Pour l’essence, 80 % de la TVA est récupérable (tourisme comme utilitaire). Pour le diesel, 80 % pour un véhicule de tourisme, 100 % pour un utilitaire. Le GPL, GNV et l’électricité permettent une récupération à 100 % quelle que soit la catégorie du véhicule. Ces règles s’appliquent aux dépenses de carburant engagées pour des déplacements professionnels.

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