David Amsellem, Expert-Comptable

Rédigé par , Expert-Comptable Diplômé & Commissaire aux Comptes
Mis à jour : juin 2026

🏠 SCI · IR · IS · Plus-values · Amortissement · Transmission

Quel régime fiscal pour SCI : IR ou IS ?

La SCI est par défaut soumise à l’IR (régime de transparence fiscale). Mais elle peut opter pour l’IS, une décision irréversible qui engage durablement votre stratégie patrimoniale. Amortissement du bien, plus-values à la revente, transmission de parts, location meublée : chaque paramètre compte. DA Expertise, expert-comptable à Paris, analyse votre situation et vous recommande le régime optimal.

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⚠ IrréversibleOption IS définitive
🏠 SCI familialeIR souvent conseillé
📈 AmortissementPossible à l’IS uniquement

📚 Contenu de la fiche

La SCI à l’IR : le régime de transparence fiscale

Par défaut, une SCI (Société Civile Immobilière) est soumise au régime de la transparence fiscale, c’est-à-dire à l’impôt sur le revenu (IR), en application de l’article 8 du Code général des impôts. Ce régime signifie que la SCI elle-même n’est pas imposée : ce sont les associés qui sont directement imposés sur leur quote-part de résultat, proportionnellement à leur participation dans le capital social, que les bénéfices soient effectivement distribués ou non. Concrètement, si une SCI détenue à 60/40 par deux associés dégage un résultat foncier de 20 000 €, le premier associé sera imposé sur 12 000 € et le second sur 8 000 €, dans la catégorie des revenus fonciers de leur déclaration personnelle d’impôt sur le revenu.

Les revenus fonciers sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu (de 0 % à 45 % selon la tranche marginale d’imposition de l’associé) auxquels s’ajoutent les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 % (CSG 9,2 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %). Pour un associé dont la tranche marginale d’imposition est de 30 %, le taux d’imposition total sur les revenus fonciers atteint donc 47,2 % (30 % + 17,2 %), ce qui peut paraître élevé mais offre en contrepartie la possibilité de bénéficier du régime très avantageux des plus-values immobilières des particuliers en cas de revente.

L’un des avantages majeurs de la SCI à l’IR est la possibilité d’imputer les déficits fonciers sur le revenu global de chaque associé, dans la limite de 10 700 € par an (hors intérêts d’emprunt, qui ne sont imputables que sur les revenus fonciers des 10 années suivantes). Ce mécanisme est particulièrement intéressant lorsque la SCI réalise d’importants travaux de rénovation ou de remise aux normes : les dépenses de travaux (entretien, réparation, amélioration — mais pas construction, reconstruction ou agrandissement) génèrent un déficit foncier qui vient réduire directement l’impôt sur le revenu des associés. L’excédent de déficit au-delà de 10 700 € est reportable sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

Micro-foncier ou régime réel : quel choix pour la SCI à l’IR ?

Les associés personnes physiques d’une SCI à l’IR peuvent bénéficier du régime micro-foncier si le total de leurs revenus fonciers bruts (incluant la quote-part de la SCI et tout autre revenu foncier perçu directement) ne dépasse pas 15 000 € par an. Dans ce cas, un abattement forfaitaire de 30 % est appliqué sur les revenus bruts pour déterminer le revenu foncier imposable, sans possibilité de déduire les charges réelles. Ce régime est simple mais n’est avantageux que si les charges réelles représentent moins de 30 % des loyers perçus.

Le régime réel (déclaration n° 2044) permet de déduire l’intégralité des charges réelles supportées par la SCI : intérêts d’emprunt et frais accessoires (assurance emprunteur, frais de dossier), primes d’assurance propriétaire non occupant (PNO), taxe foncière (hors ordures ménagères refacturées au locataire), frais de gestion et d’administration (honoraires du syndic, de l’administrateur de biens, de l’expert-comptable), travaux d’entretien, de réparation et d’amélioration, et frais de procédure en cas de litige avec un locataire. Le régime réel est systématiquement plus avantageux dès que les charges dépassent 30 % des loyers, ce qui est presque toujours le cas lorsque la SCI supporte un emprunt immobilier en cours de remboursement. L’option pour le réel est irrévocable pendant 3 ans.

La SCI à l’IS : l’option irréversible

La SCI peut opter pour l’impôt sur les sociétés (IS) en application de l’article 206-3 du CGI. Cette option doit être formulée par courrier adressé au service des impôts des entreprises (SIE) dont dépend la SCI, dans les trois premiers mois de l’exercice au titre duquel l’option est exercée. Une fois l’option formulée, elle est définitive et irréversible : il est impossible de revenir au régime de l’IR, quelles que soient les circonstances. C’est la raison pour laquelle cette décision doit être mûrement réfléchie et analysée avec un expert-comptable avant d’être prise.

La SCI à l’IS est imposée sur son bénéfice net au taux de 15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice (sous conditions : CA < 10 M€, capital entièrement libéré et détenu à 75 % par des personnes physiques) et au taux normal de 25 % au-delà. La SCI doit tenir une comptabilité d’engagement complète en partie double (et non une simple comptabilité de trésorerie comme à l’IR), établir un bilan, un compte de résultat et une annexe à la clôture de chaque exercice, déposer une liasse fiscale (formulaire 2065 et annexes), et tenir une assemblée générale annuelle pour approuver les comptes. Ces obligations comptables et administratives représentent un coût supplémentaire (honoraires de l’expert-comptable) qui doit être intégré dans l’analyse.

L’IS offre la possibilité de déduire l’intégralité des charges supportées par la SCI : intérêts d’emprunt, assurances, taxe foncière, frais de gestion, honoraires, travaux de toute nature (y compris les travaux de construction et d’agrandissement, contrairement au régime IR). Surtout, la SCI à l’IS peut amortir le bien immobilier, ce qui constitue le levier fiscal majeur de ce régime.

L’amortissement par composants : le levier fiscal de l’IS

L’amortissement est une charge comptable qui traduit la dépréciation progressive du bien immobilier dans le temps. À l’IR, aucun amortissement n’est possible : le bien figure dans le patrimoine de la SCI à sa valeur d’acquisition, sans diminution comptable. À l’IS, le bien doit être amorti par composants selon les durées d’utilisation estimées de chaque élément, conformément au Plan Comptable Général et à la doctrine fiscale (BOI-BIC-AMT-10-40-10).

La ventilation type d’un immeuble par composants est la suivante : la structure (gros œuvre, fondations, murs porteurs) est amortie sur 50 à 80 ans, la toiture sur 25 ans, les installations techniques (électricité, plomberie, chauffage) sur 20 à 25 ans, les agencements intérieurs (revêtements de sols, menuiseries, peintures) sur 10 à 15 ans, et les équipements (ascenseur, interphone, portail) sur 15 à 20 ans. Le terrain n’est jamais amortissable et doit être isolé de la valeur du bien : il représente généralement entre 15 % et 30 % de la valeur totale, selon la localisation (davantage à Paris et en zone tendue).

Prenons un exemple concret : un bien acquis 300 000 € dont 60 000 € de terrain (20 %) et 240 000 € de construction. La ventilation par composants pourrait donner : structure 120 000 € amortie sur 50 ans (2 400 €/an), toiture 36 000 € sur 25 ans (1 440 €/an), installations techniques 48 000 € sur 25 ans (1 920 €/an), agencements 36 000 € sur 15 ans (2 400 €/an). La dotation annuelle totale aux amortissements serait d’environ 8 160 €, une charge purement comptable (sans décaissement de trésorerie) qui vient réduire le bénéfice imposable pendant 15 à 50 ans selon les composants. Si les loyers annuels nets de charges sont de 12 000 €, l’amortissement ramène le bénéfice imposable à seulement 3 840 €, soit un IS de 576 € (au taux de 15 %). Sans amortissement (régime IR), le même résultat de 12 000 € serait imposé à la tranche marginale de l’associé + 17,2 % de prélèvements sociaux, soit potentiellement 5 664 € d’impôt (TMI 30 %).

Plus-values immobilières : le piège de l’IS à la revente

Le traitement des plus-values à la revente du bien constitue la différence la plus significative entre les deux régimes et l’argument principal en faveur de l’IR pour les investisseurs patrimoniaux qui envisagent de revendre à moyen ou long terme.

À l’IR, la plus-value est calculée comme la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition (majoré des frais d’acquisition réels ou forfaitaires à 7,5 %, et des travaux réalisés depuis plus de 5 ans — ou un forfait de 15 % du prix d’acquisition). Cette plus-value brute bénéficie ensuite d’abattements progressifs pour durée de détention : 6 % par an de la 6e à la 21e année et 4 % la 22e année (soit une exonération totale d’IR après 22 ans de détention), et 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,6 % la 22e année, puis 9 % par an de la 23e à la 30e année pour les prélèvements sociaux (exonération totale après 30 ans). Concrètement, un bien détenu depuis plus de 30 ans est intégralement exonéré d’impôt sur la plus-value.

À l’IS, la plus-value est calculée comme la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable (VNC) du bien, c’est-à-dire sa valeur d’acquisition diminuée de tous les amortissements pratiqués depuis l’acquisition. Il n’existe aucun abattement pour durée de détention. Cette plus-value est imposée au taux normal de l’IS (15 % puis 25 %), et si les associés souhaitent récupérer les fonds, une seconde imposition intervient lors de la distribution des dividendes (flat tax de 30 % ou barème IR sur option).

Exemple chiffré comparatif : un bien acquis 200 000 € et revendu 350 000 € après 25 ans de détention. À l’IR : plus-value brute = 350 000 − 200 000 = 150 000 €, abattement IR = 100 % (détention > 22 ans), abattement PS = environ 85 % (détention 25 ans), imposition résiduelle très faible (environ 3 870 € de PS sur 22 500 € de PV résiduelle). À l’IS : VNC après 25 ans d’amortissement ≈ 60 000 € (terrain seul, la construction étant largement amortie), plus-value = 350 000 − 60 000 = 290 000 €, IS à 25 % = 72 500 €, puis flat tax 30 % sur la distribution = environ 65 250 €. Imposition totale IS + distribution ≈ 137 750 € contre environ 3 870 € à l’IR. La différence est considérable et illustre parfaitement le piège de l’IS pour les stratégies de détention longue avec revente.

Comparatif complet : SCI à l’IR vs SCI à l’IS

Critère SCI à l’IR SCI à l’IS
Imposition des loyers IR au barème progressif (0-45 %) + PS 17,2 % — directement chez chaque associé IS au niveau de la SCI : 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà
Amortissement du bien Non — impossible Oui — par composants (structure, toiture, installations, agencements). Terrain non amortissable.
Déduction des charges Charges réelles (régime réel 2044) ou abattement 30 % (micro-foncier < 15 000 €). Travaux d’entretien/amélioration uniquement. Toutes charges déductibles + amortissements. Y compris travaux de construction/agrandissement.
Déficit Imputable sur le revenu global de chaque associé (limite 10 700 €/an), excédent reportable 10 ans sur revenus fonciers Reportable sur les bénéfices futurs de la SCI sans limitation de durée
Plus-value à la revente Régime des PV des particuliers : abattements progressifs → exonération IR après 22 ans, exonération PS après 30 ans PV professionnelle = prix de vente − VNC (après amortissements). Aucun abattement. Imposée à l’IS puis flat tax sur distribution.
Distribution des bénéfices Libre — les bénéfices sont réputés distribués et imposés chez les associés, qu’ils soient distribués ou non Dividendes soumis à la flat tax 30 % (PFU) ou barème IR sur option. Double imposition : IS + IR.
Comptabilité Comptabilité de trésorerie (recettes/dépenses). Déclaration 2072. Comptabilité d’engagement complète (bilan, compte de résultat, annexe). Liasse fiscale 2065.
Transmission de parts Parts valorisées à la valeur vénale des biens détenus. Pas de plus-value latente liée aux amortissements. Parts valorisées à l’actif net comptable. Amortissements réduisent la valeur des parts mais créent une PV latente à la cession.
Réversibilité L’associé peut toujours opter pour l’IS ultérieurement Irréversible — impossible de revenir à l’IR
Idéal pour Patrimoine familial, transmission aux enfants, détention longue durée (> 22 ans), associés faiblement imposés Investisseur actif, capitalisation et réinvestissement, parc locatif important, associés fortement imposés à l’IR

Transmission et donation de parts de SCI

La SCI est un outil de gestion et de transmission du patrimoine immobilier particulièrement efficace, quel que soit le régime fiscal choisi. Elle permet aux parents de transmettre progressivement leur patrimoine immobilier à leurs enfants par le biais de donations de parts sociales, en bénéficiant de l’abattement de 100 000 € par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants peut ainsi transmettre jusqu’à 400 000 € de parts de SCI en franchise de droits de donation tous les 15 ans.

La SCI offre également la possibilité de recourir au démembrement de propriété : les parents conservent l’usufruit des parts (et donc la perception des revenus locatifs) tandis que les enfants reçoivent la nue-propriété. Au décès des parents, l’usufruit s’éteint et les enfants deviennent pleinement propriétaires des parts sans droits de succession supplémentaires. La valeur de la nue-propriété est calculée selon un barème fiscal (article 669 du CGI) en fonction de l’âge de l’usufruitier au moment de la donation, ce qui réduit significativement l’assiette des droits de donation.

Les parts de SCI bénéficient en outre d’une décote d’illiquidité, généralement comprise entre 10 % et 20 %, qui tient compte du fait que les parts sociales d’une SCI sont moins liquides qu’un bien immobilier détenu en direct (pas de marché organisé, clause d’agrément dans les statuts, etc.). Cette décote réduit la valeur taxable des parts et donc les droits de donation ou de succession à acquitter.

SCI et location meublée : attention au basculement à l’IS

L’une des situations les plus fréquentes de basculement involontaire à l’IS est la location meublée exercée par une SCI. En effet, la location meublée est juridiquement qualifiée d’activité commerciale par l’administration fiscale (article 206-2 du CGI). Or, une SCI qui exerce une activité commerciale est automatiquement assujettie à l’IS, sans possibilité de maintenir le régime de l’IR, et cette requalification est irréversible.

Il existe toutefois une tolérance administrative : si les revenus issus de la location meublée ne dépassent pas 10 % du total des recettes de la SCI, l’administration considère que l’activité commerciale reste accessoire et autorise le maintien du régime IR. Au-delà de ce seuil, la SCI bascule intégralement à l’IS. Cette tolérance doit être surveillée chaque année, car une augmentation temporaire des revenus meublés (par exemple, la mise en location meublée d’un appartement habituellement loué nu) peut faire franchir le seuil et déclencher un basculement définitif. Pour les investisseurs souhaitant combiner SCI et location meublée, les alternatives sont le LMNP en nom propre (Loueur Meublé Non Professionnel) ou la SARL de famille qui peut opter pour l’IR même en exerçant une activité de location meublée.

SCI et TVA : les règles applicables

En principe, la location nue de locaux d’habitation est exonérée de TVA, que la SCI soit à l’IR ou à l’IS. La SCI propriétaire d’appartements loués nus à usage d’habitation n’a donc pas à collecter la TVA sur les loyers ni à déposer de déclarations de TVA. En revanche, la location de locaux à usage professionnel (bureaux, commerces, entrepôts) peut faire l’objet d’une option pour l’assujettissement à la TVA (article 260-2° du CGI). Cette option est intéressante lorsque la SCI réalise d’importants travaux de rénovation, car elle permet de récupérer la TVA sur ces travaux (soit 20 % d’économie).

Obligations comptables selon le régime fiscal

Les obligations comptables diffèrent considérablement selon que la SCI est à l’IR ou à l’IS. À l’IR, la SCI n’est pas tenue de déposer un bilan ni de tenir une comptabilité en partie double. Elle peut se contenter d’une comptabilité de trésorerie simplifiée (recettes encaissées et dépenses payées). La SCI doit cependant déposer chaque année une déclaration de résultats n° 2072 (2072-S pour le régime simplifié), qui détaille les revenus fonciers et les charges déductibles. À l’IS, les obligations sont nettement plus lourdes. La SCI doit tenir une comptabilité d’engagement complète en partie double, déposer chaque année une liasse fiscale n° 2065 (et ses annexes 2050 à 2059 pour le régime réel normal, ou 2033 pour le régime simplifié), tenir une assemblée générale ordinaire annuelle pour approuver les comptes, et déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce. DA Expertise accompagne les SCI dans l’ensemble de leurs obligations comptables et fiscales, quel que soit le régime choisi.

✅ Points clés à retenir

SCI à l’IR par défaut : transparence fiscale, revenus fonciers imposés chez chaque associé (IR + PS 17,2 %)
Option IS irrévocable — à analyser impérativement avec un expert-comptable avant de l’exercer
IS permet l’amortissement du bien par composants (structure, toiture, installations) mais pas du terrain
À l’IR : exonération totale de plus-value après 22 ans (IR) et 30 ans (PS) de détention
À l’IS : plus-value calculée sur la VNC (après amortissements) — aucun abattement pour durée de détention
Location meublée en SCI = basculement automatique à l’IS (sauf si < 10 % des recettes)
Transmission : SCI idéale pour donations progressives (abattement 100 000 €/parent/enfant/15 ans)
À l’IS : comptabilité d’engagement obligatoire, bilan, liasse fiscale 2065, AG annuelle

❓ Questions fréquentes

Non. L’option pour l’IS est définitive et irréversible pour une SCI qui l’a volontairement exercée. Contrairement aux sociétés commerciales (SARL, SAS) qui bénéficient depuis la loi de finances pour 2019 d’un droit de renonciation dans les 5 premières années (article 239-1 du CGI), les SCI ayant opté pour l’IS ne peuvent pas revenir en arrière. C’est pourquoi cette décision doit être mûrement réfléchie et analysée avec un expert-comptable qui simulera l’impact fiscal sur l’ensemble de la durée de détention prévue, y compris les conséquences en matière de plus-value à la revente. DA Expertise réalise cette simulation avant toute prise de décision.

Oui. Les bénéfices réalisés par la SCI après paiement de l’IS peuvent être distribués aux associés sous forme de dividendes, sur décision de l’assemblée générale. Ces dividendes sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou flat tax) de 30 % (12,8 % d’IR + 17,2 % de prélèvements sociaux), ou, sur option globale de l’associé, au barème progressif de l’IR (avec un abattement de 40 %) plus les prélèvements sociaux de 17,2 %. Il en résulte une double imposition : IS au niveau de la SCI + IR/PFU au niveau de l’associé lors de la distribution. Cette double imposition doit être intégrée dans la comparaison IR vs IS.

L’amortissement est une charge comptable qui traduit la dépréciation progressive du bien immobilier. Le bien doit être ventilé par composants avec des durées d’amortissement distinctes : structure (50-80 ans), toiture (25 ans), installations techniques — électricité, plomberie, chauffage — (20-25 ans), agencements intérieurs (10-15 ans). Le terrain n’est jamais amortissable et doit être isolé : il représente généralement 15 à 30 % de la valeur totale selon la localisation. Pour un bien de 300 000 € (dont 60 000 € de terrain), la dotation annuelle aux amortissements peut atteindre 8 000 à 12 000 €, réduisant d’autant le bénéfice imposable de la SCI sans aucun décaissement réel de trésorerie. Cet amortissement constitue le principal avantage fiscal de l’IS, mais il crée une plus-value latente importante qui sera taxée lors de la revente du bien.

Pour une SCI familiale dont l’objectif est la gestion et la transmission du patrimoine immobilier aux enfants, le régime de l’IR est quasi systématiquement recommandé. Les raisons sont multiples : exonération progressive de la plus-value en cas de revente (totale après 22/30 ans), possibilité d’imputer les déficits fonciers sur le revenu global (10 700 €/an), pas de double imposition sur les revenus (pas de flat tax sur les dividendes), simplicité comptable (pas de bilan obligatoire), et surtout, la transmission des parts par donation bénéficie de l’abattement de 100 000 € par parent/enfant renouvelable tous les 15 ans, sans complication liée aux amortissements et à la VNC. L’IS n’est envisageable pour une SCI familiale que dans des situations très spécifiques, par exemple si les associés sont dans la tranche à 45 % et que la SCI ne sera jamais revendue.

Oui, mais avec une conséquence fiscale majeure. La location meublée étant qualifiée d’activité commerciale, une SCI qui exerce cette activité est automatiquement assujettie à l’IS (article 206-2 du CGI), sans possibilité de rester à l’IR. Ce basculement est irréversible. Il existe toutefois une tolérance administrative : si les revenus meublés représentent moins de 10 % des recettes totales de la SCI, l’administration admet le maintien du régime IR. Ce seuil doit être surveillé chaque année. Pour les investisseurs souhaitant faire de la location meublée, les alternatives à la SCI sont le LMNP en nom propre (qui permet de bénéficier du régime BIC et de l’amortissement sans les inconvénients de l’IS) ou la SARL de famille qui peut opter pour l’IR même en location meublée.

La différence est considérable. À l’IR, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition (majoré forfaitairement de 7,5 % pour les frais et de 15 % pour les travaux si détention > 5 ans). Elle bénéficie ensuite d’abattements progressifs : exonération totale d’IR après 22 ans de détention et exonération totale de prélèvements sociaux après 30 ans. À l’IS, la plus-value est calculée sur la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable (prix d’acquisition diminué de tous les amortissements pratiqués). Il n’y a aucun abattement pour durée de détention. La plus-value est imposée à l’IS (25 %), puis une seconde fois lors de la distribution aux associés (flat tax 30 %). Pour un bien détenu plus de 22 ans, l’imposition peut être quasi nulle à l’IR contre plusieurs dizaines de milliers d’euros à l’IS.

Une SCI à l’IS est soumise aux mêmes obligations comptables qu’une société commerciale. Elle doit tenir une comptabilité d’engagement en partie double (journal, grand livre, balance), établir des comptes annuels complets (bilan, compte de résultat, annexe) à la clôture de chaque exercice, déposer une liasse fiscale 2065 (et annexes 2050-2059 ou 2033) auprès du service des impôts, tenir une assemblée générale ordinaire annuelle pour approuver les comptes et affecter le résultat, et déposer les comptes annuels au greffe du tribunal de commerce. Ces obligations justifient le recours à un expert-comptable. À l’IR, les obligations sont beaucoup plus légères : comptabilité de trésorerie simplifiée et dépôt d’une déclaration 2072 uniquement.

Chez DA Expertise, l’accompagnement comptable pour les SCI débute à partir de 49 € HT par mois pour une SCI à l’IR (déclaration 2072, suivi des charges déductibles, conseil fiscal) et à partir de 99 € HT par mois pour une SCI à l’IS (comptabilité d’engagement complète, bilan, liasse fiscale 2065, tableau des amortissements, calcul de l’IS, AG annuelle). Le tarif exact dépend du nombre de biens détenus, du volume de transactions et du niveau d’accompagnement souhaité (conseil en optimisation fiscale, simulation IR/IS, accompagnement à la transmission). Nous proposons un premier rendez-vous gratuit et sans engagement pour analyser votre situation et vous recommander le régime fiscal le plus adapté.

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